À propos de Dhaulagiri
Vu depuis les vallées de l’ouest du Népal, le Dhaulagiri se dresse comme une muraille de neige au-dessus des crêtes voisines. Son nom est souvent rendu par « Montagne blanche », une image qui correspond à un sommet culminant à 8 167 mètres. Le Dhaulagiri I est la septième montagne la plus élevée du monde et le plus haut sommet situé entièrement dans un seul pays. Ce n’est pourtant ni un belvédère accessible par la route ni une attraction au terme d’une courte promenade. Il appartient à la géographie exigeante de l’Himalaya : son histoire mêle des approches difficiles, des tentatives infructueuses et une première ascension devenue un jalon de l’alpinisme népalais.
Un massif himalayen au nord-ouest de Pokhara
L’Office du tourisme du Népal situe le massif du Dhaulagiri au nord-ouest de Pokhara, dans la région de Gandaki. Le sommet principal, le Dhaulagiri I, domine un paysage de haute montagne fait de crêtes, de glaciers et de profondes vallées fluviales. La vallée de la Kali Gandaki le sépare du massif de l’Annapurna, à l’est, et crée un contraste saisissant entre deux des ensembles montagneux les plus connus du Népal. Le site officiel de la municipalité rurale de Dhawalagiri situe cette collectivité au nord-ouest du district de Myagdi, dans la province de Gandaki : rappel utile, car « Dhaulagiri » peut désigner aussi bien un ensemble montagneux qu’une circonscription administrative locale.
Cette distinction compte pour les voyageurs. Le sommet enneigé n’est ni un village, ni un belvédère aménagé, ni une randonnée balisée à la journée. Rejoindre les hautes vallées suppose plusieurs jours de marche, tandis que gravir le Dhaulagiri I relève d’une grande expédition réservée aux alpinistes expérimentés. Le récit de l’Office du tourisme népalais explique que l’aspect redoutable du sommet avait découragé même l’expédition française arrivée au Népal en 1950, qui se tourna ensuite vers l’Annapurna I. D’autres équipes revinrent au Dhaulagiri, mais plusieurs tentatives des années 1950 n’atteignirent pas le sommet.
L’expédition qui atteignit le sommet en 1960
Le tournant survint en mai 1960, lorsqu’une expédition dirigée par le Suisse Max Eiselin revint avec un projet plus vaste et un petit avion Pilatus Porter surnommé « Yeti ». L’équipe s’en servit pour acheminer du matériel vers les camps d’altitude. L’appareil s’écrasa sur la montagne ; le pilote et le mécanicien survécurent, et l’expédition poursuivit son entreprise. L’épisode illustre à la fois l’ambition et la difficulté logistique de l’ascension : déplacer du matériel dans ce relief exigeait déjà des décisions prudentes, et la tentative reposait sur une équipe nombreuse, pas sur un grimpeur isolé.
Le 13 mai 1960, six membres atteignirent le sommet : Kurt Diemberger, Peter Diener, Ernst Forrer, Albin Schelbert, Nawang Dorje Sherpa et Nima Dorje Sherpa. L’Office du tourisme du Népal précise que Nawang Dorje fut le premier alpiniste népalais à gravir le Dhaulagiri. Cette réussite, après plusieurs années d’échecs, ouvrit un nouveau chapitre de l’histoire de l’alpinisme himalayen. Sa dimension humaine compte autant que l’altitude : elle doit beaucoup à l’expertise sherpa et au travail collectif des alpinistes, guides et équipes de soutien népalais et européens.
Le circuit du Dhaulagiri n’est pas l’ascension du sommet
Certains voyageurs découvrent la montagne par le circuit du Dhaulagiri, une randonnée isolée qu’il ne faut pas confondre avec l’ascension du sommet de 8 167 mètres. Le Nepal Film Development Board décrit des accès depuis Beni vers le camp de base sud du Dhaulagiri, tandis que des agences de trek proposent des itinéraires plus longs franchissant des cols élevés et des terrains glaciaires. Les chemins, les camps et les conditions d’accès varient ; la description d’un sentier ne garantit pas qu’il soit ouvert ou sûr à une date donnée. Avant de retenir un itinéraire, renseignez-vous auprès d’un opérateur local agréé sur les conditions du moment.
L’Office du tourisme du Népal classe actuellement le « Round Dhaulagiri » parmi les itinéraires où les randonneurs doivent être accompagnés d’un guide de trekking agréé et porter une carte TIMS délivrée par une agence enregistrée. Ce n’est pas une formalité à remettre à l’arrivée. Les règles, les frais et les exigences relatives aux zones protégées peuvent évoluer : vérifiez les consignes publiques et confirmez ce qui s’applique à votre parcours précis. La montagne n’a pas d’horaires ordinaires de visite ni de billet pour une arrivée improvisée ; l’accès passe par un trek organisé ou une expédition d’alpinisme munie des autorisations requises.
Préparer l’altitude, l’isolement et une météo changeante
Le Dhaulagiri est un environnement d’altitude extrême, qui ne convient pas à une première randonnée dans l’Himalaya. Même les itinéraires qui ne montent pas au sommet impliquent de longues journées, des villages isolés et une exposition au froid, à la neige et aux changements rapides de météo. À ces altitudes, le mal aigu des montagnes peut mettre la vie en danger. Prévoyez des jours d’acclimatation, partez avec des personnes qui connaissent le parcours, emportez un équipement adapté à la saison et vérifiez que votre assurance couvre explicitement le trekking en haute altitude et une évacuation d’urgence. Un programme souple est plus sûr qu’un calendrier supposant que chaque col et chaque camp seront atteints à l’heure prévue.
Pokhara est le principal centre d’accueil de la région, tandis que des sources officielles népalaises citent Beni comme point d’approche des itinéraires du Dhaulagiri. À partir de là, le trajet se poursuit par la route puis à pied selon l’itinéraire choisi ; le plan définitif dépend de la météo, des permis et de l’état local des sentiers. Consultez les avis peu avant le départ plutôt que de vous fier à d’anciens blogs ou à des durées de trajet fixes. Le Dhaulagiri offre une impression saisissante d’échelle et une histoire qui va des premières explorations à l’ascension de 1960 ; le découvrir avec respect, c’est aussi reconnaître combien cette montagne reste isolée et exigeante.