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Gözlükule Mound

À Tarse, le tell de Gözlükule conserve neuf millénaires d’occupation et raconte les fouilles d’Hetty Goldman ainsi que les recherches actuelles.

Coordonnées: 36.912894, 34.895416 Mis à jour: 2026-10-02 Google Street View

À propos de Gözlükule Mound

Un habitat ancien au cœur d’une ville moderne

Gözlükule est un tell archéologique situé dans la ville actuelle de Tarse, dans la province turque de Mersin, sur la côte nord-est de la Méditerranée. Il se trouve dans la plaine de Çukurova, connue dans l’Antiquité sous le nom de Cilicie, au sud du passage des monts Taurus appelé portes Ciliciennes. Ce cadre aide à comprendre pourquoi plusieurs communautés se sont installées ici, sans réduire le site à une seule ville ancienne ou à un épisode célèbre.

Le projet de fouilles de l’université Boğaziçi décrit une occupation s’étendant sur environ neuf millénaires, du Néolithique au début de la période islamique. Cette continuité est une conclusion archéologique fondée sur les couches et les objets, et non la preuve qu’une même population aurait vécu ici sans changement pendant des milliers d’années. Le tell conserve les traces d’occupations, de reconstructions et d’évolutions régionales successives, que chaque phase doit être interprétée à partir de ses propres vestiges.

Cette stratification compte d’autant plus que Tarse est toujours une ville vivante. Rues, logements et institutions entourent un paysage qui abritait autrefois des implantations anciennes. Les vestiges ne sont pas présentés comme une cité entière reconstituée. Les secteurs fouillés et leur stratigraphie permettent aux chercheurs de distinguer des périodes que l’on confond parfois en évoquant la « Tarse antique » comme une histoire unique et ininterrompue.

Hetty Goldman et les premières grandes fouilles

Les recherches archéologiques modernes ont commencé dans les années 1930 avec une équipe dirigée par Hetty Goldman, archéologue américaine associée au Bryn Mawr College. L’historique turc du projet explique qu’une prospection régionale et des sondages ont conduit à intégrer Gözlükule au programme ; les fouilles systématiques du tell ont débuté en 1935, avec l’appui notamment de l’Archaeological Institute of America et du Fogg Museum de Harvard. La Seconde Guerre mondiale a interrompu les travaux, repris après le conflit.

Le projet de Goldman est remarquable autant pour ses découvertes que pour les personnes et les méthodes qui l’ont porté. L’université Boğaziçi souligne que de nombreuses membres de l’équipe étaient des femmes, situation peu courante pour une grande fouille de l’époque, et que certaines ont ensuite contribué à l’archéologie de la Méditerranée orientale. L’équipe a affronté des difficultés financières, des préjugés professionnels et l’interruption de la guerre. Ce contexte humain peut être raconté sans inventer de scènes spectaculaires.

Les résultats ont été publiés en trois volumes par Princeton University Press dans les années 1950. L’université présente ces études comme une référence durable pour l’archéologie anatolienne. Leur valeur tient à la documentation des couches et des découvertes, non à l’idée que toutes les questions auraient été résolues. Des travaux ultérieurs peuvent réexaminer les interprétations anciennes à mesure que les méthodes progressent et que les objets sont étudiés de nouveau.

Ce que le tell révèle, et ses limites

La séquence de Gözlükule comprend des traces néolithiques, de l’âge du Bronze et du Fer, puis des périodes hellénistique, romaine et du début de l’époque islamique. Ces étapes couvrent des communautés et des siècles très différents. Les rapports de fouilles étudient notamment des niveaux du Bronze récent et des périodes ultérieures ; la céramique et d’autres objets permettent d’examiner les échanges, la production locale et les liens changeants de la Méditerranée orientale. Un objet isolé n’explique pas une société entière : son contexte de découverte est essentiel.

Le projet montre aussi que la connaissance archéologique se développe au-delà de la tranchée. En 2001, l’université Boğaziçi et le Bryn Mawr College ont lancé un nouveau programme interdisciplinaire ; la première campagne du projet renouvelé a eu lieu en 2007. Les recherches associent terrain, étude des objets et examen des archives. Un ancien bâtiment d’égrenage du coton a été transformé en Centre de recherche des fouilles de Tarsus-Gözlükule, une base universitaire et non une salle d’exposition classique du tell.

Des informations récentes de l’administration locale indiquent que les travaux archéologiques se poursuivent et reprennent les propos de la direction de la fouille. Cependant, les pages publiques de l’université ne proposent pas d’itinéraire complet dans les zones de recherche en activité. La nuance est importante : un site peut avoir une grande valeur historique sans que ses tranchées soient librement accessibles, et l’existence d’un centre de recherche ne signifie pas qu’il accueille chaque jour des visiteurs.

Découvrir Gözlükule à Tarse

Gözlükule se trouve dans le centre urbain de Tarse, dans la région de Mersin. Son cadre permet de comprendre le lien entre archéologie et ville habitée, mais il ne faut pas le confondre avec un musée de plein air entièrement fouillé et doté d’une billetterie classique. Au 7 octobre 2026, les pages du projet universitaire et les informations municipales consultées ne publiaient ni horaires d’ouverture, ni tarifs, ni parcours garanti dans le secteur des fouilles.

Avant un déplacement, contactez le projet Tarsus-Gözlükule ou l’université Boğaziçi. Demandez si une partie du tell ou du centre de recherche pourra être visitée à la date envisagée ; n’entrez pas sans autorisation dans les zones clôturées, signalées ou en chantier. Le projet universitaire propose des ressources en ligne, dont une visite virtuelle, pour découvrir le site lorsque l’accès en personne n’est pas possible.

Pour comprendre Gözlükule, le mieux est de relier l’archéologie à Tarse plutôt que d’attendre qu’une ruine monumentale livre seule son récit. Ici, neuf millénaires ne deviennent ni une légende unique ni un spectacle touristique tout préparé. Ils subsistent sous forme de couches à étudier, comparer et réinterpréter. Cette rencontre discrète — un tell ancien intégré à une ville contemporaine et toujours étudié — offre un regard singulier sur la manière dont se reconstitue le passé de la Méditerranée orientale.