À propos de Hasanlu
Un habitat ancien dans le nord-ouest de l’Iran
Teppe Hasanlu s’élève dans la plaine de Solduz, dans la province iranienne d’Azerbaïdjan occidental, au sud-ouest du lac d’Urmia et près de l’actuelle Naqadeh. Il ne s’agit pas du nom d’un palais ou d’un temple isolé : le tell est une butte formée par des occupations successives. Son intérêt archéologique tient aux couches d’habitations, d’édifices publics, de sépultures et d’objets qui permettent de suivre l’évolution de communautés sur une très longue période. Son histoire ne se résume pas à une seule pièce célèbre.
Le site se trouve dans une région de vallées reliant le plateau iranien aux hautes terres occidentales et au lac d’Urmia. La notice en persan du Musée national d’Iran situe le tertre près du village de Hasanlu, à environ sept kilomètres de Naqadeh. Cette situation replace l’habitat dans un réseau de communautés voisines et de puissances régionales. Agriculture, déplacements et défense ont aussi influencé l’occupation de la vallée.
Hasanlu est souvent présenté à travers sa coupe d’or, mais les fouilles révèlent un lieu bien plus complexe. Les traditions céramiques, les plans architecturaux et les pratiques funéraires se sont transformés au fil du temps. Certaines phases anciennes sont étudiées avec des sites voisins comme Haji Firuz ; il serait donc inexact de parler d’une ville occupée sans interruption depuis la préhistoire. La lecture la plus rigoureuse est celle d’une succession d’occupations, de pauses et de retours, dont les périodes sont documentées de manière inégale.
Les fouilles dessinent une longue chronologie
Des recherches archéologiques avaient été menées à Hasanlu avant le projet international le plus connu. De brèves campagnes eurent lieu dans les années 1930, puis à la fin des années 1940. De 1956 à 1977, un projet réunissant le Penn Museum de l’Université de Pennsylvanie, le Metropolitan Museum of Art et le Service archéologique d’Iran étudia Hasanlu et d’autres sites de la vallée. Il ne s’agissait pas seulement de recueillir des objets remarquables : les équipes cherchaient à établir une séquence culturelle contrôlée afin de mieux comprendre l’évolution de la région à la préhistoire.
La stratigraphie obtenue révèle plusieurs phases. Les poteries peintes et d’autres vestiges témoignent de communautés des quatrième et troisième millénaires avant notre ère ; les niveaux suivants montrent des changements dans les rites funéraires, les récipients et l’architecture. À la fin du deuxième millénaire av. J.-C., des constructions monumentales occupaient le sommet de la citadelle. L’un des bâtiments comprenait une vaste salle à colonnes ; les fouilleurs ont également repéré des rampes, une petite porte destinée aux chars et des traces liées aux chevaux et au transport roulant. Ces indices montrent une organisation, sans nommer tous les dirigeants ni expliquer chaque fonction.
L’habitat le plus connu de Hasanlu appartient à l’âge du Fer. Un ensemble important de bâtiments s’organisait autour d’une cour, avec des façades et des pièces qui suggèrent une conception planifiée. Le site occupait une position stratégique entre des voisins puissants, notamment l’Assyrie et l’Urartu. Il faut toutefois manier les étiquettes politiques avec prudence : l’architecture et les objets fouillés ne forment pas un récit écrit complet. Aucune tablette n’a été retrouvée. Des fragments de récipients et des objets en pierre conservent quelques noms associés à l’Assyrie et à l’Élam, autant d’indices qui ne remplacent pas les archives manquantes.
L’incendie, la coupe et les questions ouvertes
À la fin du IXe ou au début du VIIIe siècle av. J.-C., une attaque soudaine détruisit par le feu les bâtiments centraux. Les archéologues n’ont pas identifié l’assaillant. La rapidité de l’événement laissa de nombreux objets dans leurs lieux de rangement ou d’usage : outils, armes, bijoux, récipients en métal et en céramique, sceaux, ivoire, verre, bois et pierre. Plus de 7 000 objets ont été recensés dans les niveaux brûlés. Ce fut une catastrophe pour les habitants ; les pièces effondrées ont cependant conservé un instantané exceptionnel de la vie quotidienne.
La coupe d’or fut découverte en 1958 dans les décombres d’un bâtiment incendié de la citadelle, avec des restes humains et d’autres objets précieux. Son décor en repoussé se déploie en registres narratifs peuplés de figures et de scènes qui renvoient aux traditions artistiques de l’ancienne Mésopotamie et de l’Anatolie. Les spécialistes en proposent différentes lectures et soulignent que certaines identifications restent interprétatives. Il est plus juste d’y voir une œuvre remarquable de métallurgie régionale que d’affirmer qu’un mythe ou une bataille y a été identifié de façon définitive.
L’incendie ne mit pas fin à l’histoire de Hasanlu. Après une période d’abandon, les Urartéens occupèrent le site et y construisirent une fortification importante, dotée de tours et de contreforts. Cette place forte fut probablement abandonnée à la fin du VIIe siècle av. J.-C. ; un autre intervalle précéda une dernière occupation antique, à l’époque achéménide et au début de la période parthe. Cette séquence éclaire les continuités et les ruptures entre empires. Elle rappelle aussi que le tertre ne correspond pas à une seule date : il conserve les traces de communautés séparées par de longues pauses.
À savoir avant de partir
Hasanlu se trouve près de Naqadeh, en Azerbaïdjan occidental, mais les sources publiques fiables consultées pour cet article ne donnent ni horaires actuels, ni tarif d’entrée, ni garantie d’accès à la zone archéologique. La notice persane du Musée national indique une localisation à l’échelle du village, mais ne constitue pas une information pratique pour les visiteurs. Avant de partir, vérifiez les conditions d’accès auprès de l’autorité patrimoniale compétente ou d’un contact local fiable. L’absence d’horaires en ligne ne prouve ni que le site est ouvert ni qu’il est fermé.
Il vaut mieux envisager la visite comme une découverte du paysage et du contexte archéologique que comme celle d’un musée aménagé. La coupe célèbre est étudiée dans des publications scientifiques et muséales, mais cela ne signifie pas qu’elle soit exposée sur le tertre ; le Musée national d’Iran l’a présentée dans des expositions, et son lieu d’exposition actuel peut changer. Si votre voyage vous mène déjà dans la région, associez les renseignements locaux confirmés à des attentes réalistes sur ce qui est visible à l’extérieur. Ne supposez pas que la pièce la plus célèbre se trouve sur le site même.
Pour qui s’intéresse à l’Iran ancien, Hasanlu récompense autant l’attention portée aux preuves que la fascination pour les objets. La stratigraphie, les édifices brûlés, la fortification ultérieure et la coupe d’or éclairent des questions différentes, sans raconter toute l’histoire à eux seuls. Le récit le plus fort n’est pas une légende de cité perdue, mais le témoignage documenté de personnes, de bâtiments et d’objets saisis par une crise. Les incertitudes qui subsistent font partie du passé du lieu ; elles ne justifient pas d’inventer des explications.