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Les Colosses de Memnon

Découvrez les colosses de Memnon sur la rive ouest de Louxor : Amenhotep III, la statue « chantante », les restaurations et les conseils de visite.

Coordonnées: 25.7205975, 32.6104556 Mis à jour: 2026-10-01 Google Street View

À propos de Les Colosses de Memnon

Deux figures royales face à l’ancienne Thèbes

Sur la rive ouest de Louxor, deux statues assises regardent vers l’est, en direction du Nil et du soleil levant. Connues ensemble sous le nom de colosses de Memnon, elles représentent le pharaon Amenhotep III, souverain de la XVIIIe dynastie au XIVe siècle avant notre ère. L’Institut d’art et d’archéologie égyptiens de l’Université de Memphis les décrit comme des statues de quartzite d’environ 19,6 mètres. Elles encadraient autrefois l’entrée du vaste temple funéraire du roi à Kom el-Hettan.

Leur cadre éclaire leur fonction. Ces sculptures n’étaient pas de simples ornements isolés : elles marquaient l’accès à un complexe royal destiné à entretenir la mémoire du souverain et son culte après sa mort. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités décrit le « Temple des millions d’années » comme un vaste chantier commencé dans la première moitié du XIVe siècle avant notre ère. Son ampleur et son décor en faisaient l’un des grands projets royaux de la rive occidentale.

Amenhotep III régna pendant le Nouvel Empire, à une époque où bâtiments royaux et statues monumentales exprimaient la puissance politique et religieuse. Les notices muséales identifient son épouse Tiyi et sa mère Moutemouia parmi les figures du programme sculpté du site. Les colosses forment un seuil spectaculaire, mais ne constituent qu’un fragment d’un ensemble qui comprenait pylônes, cours, salles, statues et espaces rituels.

Comment un nom grec est devenu célèbre

« Memnon » n’est pas le nom égyptien du pharaon. Des visiteurs grecs associèrent la statue du nord au héros de leur mythologie après l’avoir liée à un son entendu au lever du jour. L’Université de Memphis précise que le surnom s’appliquait techniquement à la figure septentrionale, même si les voyageurs et les guides parlent généralement des deux colosses de Memnon. Cette nuance distingue l’identité égyptienne du monument de sa réputation ultérieure.

Des récits antiques décrivent la statue du nord comme produisant une voix ou un son musical le matin. Certains visiteurs grecs et romains l’interprétèrent à travers l’histoire de Memnon appelant sa mère, la déesse de l’aube Aurore. Le phénomène n’était pas garanti chaque jour : il arrivait que les voyageurs n’entendent rien. Cette tradition raconte l’expérience ancienne du monument, mais ne prouve pas que la pierre possédait une qualité surnaturelle.

Selon l’Université de Memphis, le son cessa après la réparation de la statue endommagée au début du IIe siècle de notre ère, sous l’empereur romain Septime Sévère. L’intervention transforma le colosse du nord et mit fin à un phénomène qui attirait les voyageurs. La légende reste liée au site, mais son histoire s’éclaire aussi dans son contexte égyptien : portrait royal, architecture funéraire et transformations successives du regard porté sur le lieu.

Ruines, restauration et paysage archéologique en évolution

Le temple funéraire fut gravement endommagé dans l’Antiquité ; des blocs furent ensuite remployés, tandis que les crues et la montée des eaux souterraines affectaient les vestiges. Pendant des générations, les deux colosses furent les éléments les plus visibles à l’entrée, alors que le reste du temple demeurait brisé, enfoui ou dispersé. Cette histoire explique pourquoi on les perçoit parfois comme des monuments isolés, même si les recherches révèlent peu à peu l’étendue du complexe derrière eux.

Un projet de conservation égypto-allemand a commencé en 1998 pour protéger les colosses et les vestiges du temple. Le ministère mentionne la documentation, la gestion des eaux souterraines, la récupération de blocs dispersés et la restauration d’autres sculptures. En 2025, deux statues assises supplémentaires en albâtre d’Amenhotep III ont été remontées et redressées à leur emplacement d’origine près du troisième pylône. Elles sont distinctes du couple initial appelé colosses de Memnon et rendent plus lisible l’ampleur de l’ensemble royal.

Le paysage archéologique livre encore des éléments. Le ministère a signalé des statues de la déesse Sekhmet, des fragments de sphinx, des blocs inscrits et des éléments architecturaux qui font toujours l’objet d’études et de restauration. Cela ne signifie pas que toutes les zones du temple sont ouvertes au public. La rive ouest reste un secteur de recherche actif, où les travaux peuvent modifier ce que l’on voit, tandis que certaines parties demeurent réservées aux équipes archéologiques.

Préparer une visite aux colosses de Memnon

Le guide touristique officiel égyptien situe les statues au bord de la route de la rive ouest et conseille de chercher la billetterie de l’inspection des antiquités, à quelques pas derrière elles. Le guide consulté ne précise ni horaires actuels ni tarif propre à cet arrêt. Ne supposez pas que l’accès est gratuit ou inclus dans un billet général pour la rive ouest : vérifiez les conditions d’entrée et les zones accessibles auprès de l’inspection avant le départ.

Les colosses sont une halte en plein air dans le paysage thébain, et non un musée doté d’un centre d’accueil complet. Prévoyez du temps sur la rive ouest et ne combinez l’arrêt avec d’autres monuments qu’après avoir vérifié leurs horaires et billets respectifs. La chaleur et la lumière de Louxor peuvent être fortes, surtout à midi : emportez de l’eau, une protection solaire et des chaussures adaptées aux sols secs et irréguliers. Respectez les barrières et les consignes, car les restaurations peuvent modifier les parcours ouverts.

Prenez quelques minutes pour regarder au-delà de la photographie frontale habituelle. Observez l’échelle des statues face à la plaine, leur orientation vers le fleuve et la façon dont les sculptures restaurées aident à imaginer le temple disparu. Le récit le plus juste n’est pas celui de deux statues restées intactes, mais celui de monuments ayant traversé dommages, réemplois et interprétations successives. À Memnon, le passé se lit dans la pierre et dans les travaux archéologiques qui se poursuivent autour d’elle.