À propos de Parc national de Garajonay
Une forêt humide sur les hauteurs de La Gomera
Le parc national de Garajonay couvre 3 984 hectares dans les hauteurs centrales de La Gomera, l’une des îles Canaries espagnoles. La laurisylve, forêt dense et persistante, en est le milieu emblématique. Elle est façonnée par les alizés humides, les crêtes et les ravins profonds. Le parc n’est pas un simple belvédère : c’est un paysage de montagne réparti sur le territoire des six communes de l’île.
Cette forêt appartient au monde macaronésien des îles atlantiques et conserve des communautés végétales associées à d’anciennes forêts subtropicales. Les brumes et l’humidité apportées par les alizés entretiennent ce milieu verdoyant ; l’exposition au vent crée des contrastes en quelques minutes de marche. La fiche officielle du sentier El Bailadero explique qu’un passage de la pente abritée à la pente exposée peut mener de terrains relativement secs à des sous-bois couverts de mousses et de fougères.
La protection du site s’est construite par étapes. Le parc national a été créé le 25 mars 1981 et Garajonay a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1986 pour la valeur de sa laurisylve. Selon sa fiche officielle, le parc représente un peu plus d’un dixième de La Gomera. Cette reconnaissance n’est pas seulement une distinction accordée à une belle forêt : elle souligne la rareté et l’importance écologique de cette forêt humide mature.
De la forêt de subsistance au territoire protégé
La forêt actuelle porte également une histoire humaine. Le ministère espagnol de l’Environnement rappelle que les bois de La Gomera fournissaient le bois des maisons, des meubles, des outils agricoles et des objets du quotidien. On y ramassait aussi du bois de chauffage, on y fabriquait du charbon et des chèvres et des moutons y paissaient. Ces usages répondaient aux besoins de l’économie insulaire ; ils font partie de l’histoire du paysage. Anciens chemins, plateformes de charbonnage et abris de bergers en gardent des traces.
La pression sur la forêt a commencé à diminuer au XXe siècle. Selon l’histoire officielle, le pâturage permanent dans les hauteurs a pris fin dans les années 1940 et l’exploitation forestière a baissé à partir des années 1950, avec la diffusion des combustibles fossiles. Des appels à protéger les sommets gomériens se sont fait entendre dans les années 1970 ; le parc national a été créé en 1981. Cette évolution explique pourquoi la conservation porte aussi sur les traces des activités anciennes, et pas seulement sur les arbres.
Les incendies restent un risque majeur. La page du parc consacrée au feu d’août 2012 indique que 18,6 % de Garajonay a été détruit. Elle précise que la laurisylve peut mettre des décennies à se rétablir et que les sols touchés par un incendie de cette ampleur peuvent mettre des milliers d’années à récupérer. Ces chiffres éclairent les règles actuelles : les fermetures temporaires protègent les randonneurs et limitent les pressions supplémentaires sur un écosystème vulnérable.
Choisir un itinéraire adapté à votre temps
La marche est le meilleur moyen de découvrir Garajonay, mais le réseau officiel propose des sorties très différentes. Les informations du parc vont de petites promenades d’environ 20 minutes à de grandes boucles de près de six heures. Chaque sentier a sa distance, son dénivelé et son niveau de difficulté. Choisissez à partir des fiches actualisées plutôt que d’une recommandation générale ou d’une ancienne carte trouvée ailleurs.
Pour une courte sortie, la route 1, El Bailadero, est indiquée comme un aller simple de 0,9 kilomètre, de faible difficulté et d’environ 45 minutes. Malgré sa brièveté, elle révèle les changements de végétation de l’île. Le chemin suit une crête et passe du versant sud abrité au versant nord exposé aux alizés humides. En peu de distance, on passe d’un maquis plus sec à des bruyères, des mousses et des fougères.
Pour une journée plus exigeante, le réseau comprend la grande boucle de Pajarito à El Cedro et Tajaqué : 12,7 kilomètres, environ six heures et demie et un niveau difficile, selon le parc. Il ne s’agit pas d’une promenade comparable à El Bailadero. L’administration recommande de consulter les fiches ou le personnel d’accueil, de porter de bonnes chaussures et d’emporter des vêtements chauds. Les nuages, le vent et la pluie peuvent changer la situation même si le littoral est ensoleillé.
Centres, accès et règles de visite
Deux centres peuvent aider à préparer le parcours. La page officielle indique que le centre de visiteurs Juego de Bolas, à La Palmita, dans la commune d’Agulo, est ouvert tous les jours de 9 h 30 à 16 h 30 ; le point d’information de La Laguna Grande est annoncé de 8 h 30 à 16 h 30. Les deux ferment le 25 décembre et le 1er janvier. Ce sont les horaires consultés en octobre 2026 : vérifiez-les avant un séjour ultérieur, car ils peuvent évoluer.
La route permet d’accéder au parc depuis les six communes de l’île. La GM-2, entre San Sebastián et Valle Gran Rey, le traverse d’est en ouest et constitue l’axe principal. Des autobus insulaires passent également dans le parc sur plusieurs lignes reliant les villages. La liste officielle mentionne notamment Los Roques, Pajarito, Las Hayas et Epina, mais recommande de vérifier les horaires aller et retour avant de compter sur ce moyen de transport.
Les sentiers, belvédères et aires de loisirs peuvent fermer en cas de météo défavorable, de risque d’incendie, de travaux de conservation ou pour d’autres raisons de sécurité. L’escalade des roques nécessite une autorisation expresse. Certains tronçons sont aménagés pour les fauteuils roulants ; le parc invite à se renseigner sur les conditions d’accessibilité. Consultez la météo et les avis officiels le jour même, suivez les panneaux et les consignes du personnel, et ne supposez pas qu’un sentier est ouvert parce qu’il figure sur une carte.
Garajonay se découvre mieux sans précipitation : observez comment le brouillard, l’exposition et l’altitude transforment la forêt, tout en gardant à l’esprit que ce territoire a soutenu des générations avant de devenir un parc national. Une courte promenade révèle les contrastes entre versants ; une randonnée à la journée relie vallées et belvédères. Préparez votre sortie avec les informations officielles à jour, marchez prudemment et repartez avec vos déchets pour contribuer à la préservation de la forêt humide de La Gomera.