À l’ouest de Kapan, sur la route de Kajaran, Baghaberd occupe une position rocheuse près de la rencontre du Voghji et du Geghi. Ses défenses prennent sens dans ce terrain : pentes abruptes et promontoire limitaient les approches que les murs devaient contrôler. Le site appartient à l’histoire des refuges et des pouvoirs du Syunik. Mais son récit actuel le plus utile ne consiste pas seulement à le dire imprenable. L’archéologie récente complique la succession habituelle d’une destruction finale suivie du silence.
Le service arménien du patrimoine relie sa renommée ancienne à des traditions de l’Antiquité tardive, tandis que le récit fondateur transmis par l’historien médiéval Stepanos Orbelian l’associe à Bagak. Ces textes appartiennent à la mémoire autant qu’à la chronologie. Ils ne constituent pas une date archéologique précise pour chaque mur subsistant. Baghaberd s’est développé dans le temps, et ses restes matériels ont leurs propres indices à ajouter aux histoires attachées à la place forte.