Le point le plus haut entre l'Himalaya et la Nouvelle-Guinée
S'élevant à 4 095 mètres directement depuis les basses terres tropicales du Sabah, le mont Kinabalu est la plus haute montagne de l'île de Bornéo et le point culminant entre l'Himalaya et la Nouvelle-Guinée. Depuis la côte, près de Kota Kinabalu, son sommet de granit paraît presque impossiblement abrupt, une couronne grise de roche nue flottant au-dessus d'un manteau de forêt et de nuages. Pour le peuple kadazan-dusun qui vit à son ombre, c'est un lieu sacré, longtemps tenu pour la demeure des esprits des morts.
Un musée vivant de plantes
La véritable célébrité de Kinabalu est pourtant biologique. La montagne franchit toute une série d'étages climatiques en une seule journée de marche : de la forêt de plaine étouffante à la forêt de nuages de montagne, à la lande subalpine et, près du sommet, au granit nu. Cette compression des habitats en a fait l'une des plus fortes concentrations de vie végétale de la planète. Les botanistes ont recensé entre cinq et six mille espèces de plantes sur ses pentes, plus que dans toute l'Europe et l'Amérique du Nord réunies, et beaucoup ne poussent nulle part ailleurs. On y trouve la rafflésie géante, la plus grande fleur du monde ; les plantes carnivores Nepenthes, aux urnes capables de piéger un petit animal ; et des orchidées par centaines. Les forêts abritent plus de 326 espèces d'oiseaux et plus de 100 mammifères, de l'orang-outan au chat-léopard.
Cette "valeur universelle exceptionnelle" a valu au parc du Kinabalu d'être le premier site du patrimoine mondial de l'UNESCO en Malaisie, inscrit en décembre 2000. Le parc a depuis accumulé deux autres distinctions de l'UNESCO, comme géoparc mondial et comme partie d'une réserve de biosphère, une rare triple couronne de reconnaissance internationale.
L'ascension
Ce qui rend Kinabalu singulier, c'est que des voyageurs ordinaires, et pas seulement des alpinistes, peuvent fouler son sommet. La voie classique part de la porte de Timpohon et monte régulièrement à travers la forêt jusqu'au camp de base de Panalaban, vers 3 270 mètres, où l'on dort avant l'assaut d'avant l'aube. Au petit matin, on repart à la frontale, se hissant à la corde sur les froides dalles de granit, calculant le dernier passage pour atteindre le pic Low au lever du soleil. La récompense est une mer de nuages teintée d'or, avec le plateau sommital déchiqueté, les Oreilles d'Âne et le pic Sud, se découpant tout autour, et la mer de Chine méridionale scintillant en contrebas. Les plus hardis peuvent descendre par la via ferrata la plus haute du monde, une "route de fer" de câbles et de barreaux fichés dans la roche.
Le pratique, qui compte
C'est une montagne protégée, et les règles existent pour de bonnes raisons. Le droit d'entrée du parc, un permis d'ascension, une assurance et un guide agréé sont tous obligatoires, et le nombre quotidien de grimpeurs est plafonné pour protéger le sentier, si bien que réserver bien à l'avance par le système de Sabah Parks est indispensable. La voie du sommet a été refaite après un séisme en 2015, et le temps en altitude change vite. Rien de tout cela ne doit décourager quiconque : avec une condition physique raisonnable, Kinabalu reste l'un des hauts sommets les plus accessibles au monde, et l'un des plus mémorables.
- Emplacement : Parc du Kinabalu, Sabah, Bornéo malaisien, à environ 90 km de Kota Kinabalu.
- Altitude : 4 095 m, le plus haut sommet de Malaisie et de Bornéo.
- Statut : Premier site du patrimoine mondial de l'UNESCO en Malaisie (2000) ; aussi géoparc mondial.
- Ascension : Itinéraire de deux jours par la porte de Timpohon et le camp de base de Panalaban ; permis et guide obligatoires.
- Le meilleur moment : Le lever du soleil depuis le pic Low au-dessus d'une mer de nuages.



