Peu de plans d’eau ont autant influencé l’art, la poésie et les jardins que le lac de l’Ouest à Hangzhou. Depuis plus de mille ans, poètes, peintres et administrateurs ont transformé ses rives par des chaussées, temples et pavillons destinés à composer une suite de vues précises. L’UNESCO a inscrit le Paysage culturel du lac de l’Ouest de Hangzhou au patrimoine mondial en 2011. Elle reconnaît ainsi une illustration exceptionnelle de la tradition chinoise consistant à enrichir la nature pour créer une union idéale entre l’être humain et son environnement, tradition qui influença aussi les jardins du Japon et de Corée.
À l’origine, le lac était une lagune peu profonde séparée de la baie de Hangzhou par les sédiments du Qiantang. Progressivement coupé de la mer, le milieu saumâtre devint un lac d’eau douce. Sans intervention, cette lagune aurait fini par disparaître sous la vase et, à l’époque Tang, les plantes et les boues l’envahissaient déjà. Sa survie tient aux travaux répétés d’une succession remarquable de lettrés-fonctionnaires chargés de gouverner Hangzhou.