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Jardin historique de l’aéroport international de Hong Kong

Près de l’aéroport de Hong Kong, ce jardin conserve treize fours médiévaux reconstitués, probablement utilisés pour agglomérer du sable ferrugineux.

Coordonnées: 22.296104, 113.934082 Mis à jour: 2026-09-16 Google Street View

À propos de Jardin historique de l’aéroport international de Hong Kong

Un site industriel médiéval sous un aéroport international

Avant que Chek Lap Kok ne devienne l’île de l’un des aéroports les plus fréquentés du monde, elle abritait une activité industrielle médiévale longtemps restée énigmatique. Le Jardin historique et parc des anciens fours de l’aéroport international de Hong Kong rappelle les treize fours en forme de dôme mis au jour à Ha Lo Wan en 1990, avant les gigantesques travaux de terrassement et de remblaiement liés au nouvel aéroport. L’Antiquities and Monuments Office de Hong Kong a fait préserver et reconstituer ces vestiges dans un jardin paysager, créant un lien tangible entre l’actuelle plateforme aérienne et le passé précolonial de l’île.

Quelle était la fonction des fours ?

Les fours de Ha Lo Wan avaient été creusés dans le flanc d’un ravin puis revêtus d’argile. Chacun mesurait environ 75 centimètres de haut pour 2 mètres de diamètre. La datation au radiocarbone de charbons trouvés sur place situe leur utilisation entre la fin des Song et la période Yuan, approximativement du milieu du XIIIe au début du XVe siècle. Leur forme ne correspondant ni aux fours à poterie ni aux fours à chaux ordinaires de la région, leur production a longtemps fait débat.

Une énigme métallurgique résolue

L’explication aujourd’hui la plus largement admise, avancée par l’historien de la métallurgie Donald Wagner, est que ces structures servaient à agglomérer du sable ferrugineux. Chauffés entre environ 800 et 1 000 °C, les grains concentrés d’oxyde de fer fusionnaient en morceaux plus gros et plus denses, adaptés à la fonte dans un haut fourneau. L’analyse chimique des résidus concorde avec la présence de minerai concentré. Un ruisseau alimenté par une source toute l’année aurait permis de laver le sable afin d’en séparer les particules métallifères, révélant une véritable petite installation industrielle dont les boulettes étaient probablement fondues ailleurs.

Des vestiges sauvés avant les bulldozers

La découverte est survenue au moment où Hong Kong préparait la construction de son nouvel aéroport sur une île de Chek Lap Kok considérablement agrandie. La plus grande partie du relief originel devait être arasée ou intégrée aux remblais. Les fouilles de sauvetage menées à Ha Lo Wan en 1990 ont documenté et récupéré les éléments accessibles avant les travaux. La reconstitution des fours dans les espaces paysagers proches de l’aéroport achevé est un exemple rare de grand projet d’infrastructure réservant une place à la mémoire du patrimoine déplacé.

Visiter le jardin aujourd’hui

Le jardin historique et le parc voisin sont aujourd’hui des espaces verts ouverts aux usagers de l’aéroport et aux habitants. Les fours reconstitués et les panneaux patrimoniaux y côtoient des équipements de remise en forme, une piste de jogging et des plantations saisonnières entretenues par l’autorité aéroportuaire. C’est l’un des rares lieux de Hong Kong où l’activité industrielle précoloniale peut être observée au cœur même d’un paysage de transport contemporain.

  • Localisation : près de l’aéroport international de Hong Kong, Chek Lap Kok
  • Découverte : 1990, lors de fouilles de sauvetage précédant la construction de l’aéroport
  • Datation : transition Song–Yuan, du milieu du XIIIe au début du XVe siècle environ
  • À voir : 13 fours en dôme reconstitués, probablement destinés à agglomérer le sable ferrugineux
  • Conservation : site reconstitué dans un jardin patrimonial public
  • Visite : parc avec vestiges, sentiers, piste de jogging et floraisons saisonnières