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Tel Jericho

Découvrez Tell es-Sultan à Jéricho : vestiges dès 10 500 av. J.-C., tour néolithique, source, UNESCO et horaires publiés par le ministère palestinien du Tourisme.

Coordonnées: 31.870816, 35.439442 Mis à jour: 2026-10-05 Google Street View

À propos de Tel Jericho

Un tell au bord de la source de l’oasis de Jéricho

Tell es-Sultan se trouve au nord-ouest de la Jéricho actuelle, dans la vallée du Jourdain, près de la source pérenne d’Ain es-Sultan. Le tell archéologique conserve des traces d’activité humaine remontant à environ 10 500 avant notre ère et offre un témoignage rare de communautés revenues durant des millénaires au même lieu riche en eau. Le mot « tell » désigne une butte artificielle formée par des couches successives d’occupation, de construction et de reconstruction. Il ne s’agit pas d’une ville unique restée intacte, mais d’une séquence archéologique profonde dont la surface visible ne montre qu’une partie.

L’Unesco a inscrit Ancient Jericho/Tell es-Sultan sur la Liste du patrimoine mondial en 2023. Le bien comprend le tell et la source voisine, qui a soutenu l’habitat de l’oasis pendant des millénaires. L’organisation recense 29 phases d’occupation et souligne l’intérêt du site pour comprendre la transition néolithique vers la sédentarité, puis l’essor de la culture urbaine dans le sud du Levant. Cette chronologie est plus éclairante que le slogan selon lequel Jéricho serait « la plus ancienne ville du monde », formule qui simplifie à l’excès ce que révèlent les couches fouillées.

Des premiers habitats à la cité fortifiée de l’âge du Bronze

L’Unesco date les dépôts archéologiques les plus anciens d’environ 10 500 avant notre ère et indique qu’un habitat permanent de grande taille existait déjà aux IXe et VIIIe millénaires. Ses habitants ont construit un mur, un fossé creusé dans la roche et une tour monumentale munie d’un escalier intérieur. Ces ouvrages importent non seulement par leur ancienneté, mais aussi parce qu’ils témoignent d’une construction coordonnée et d’une organisation collective. Ils remettent en cause l’idée que l’architecture monumentale et les sociétés complexes n’apparaissent qu’avec les villes plus tardives de l’âge du Bronze.

La tour est l’un des éléments les plus reconnaissables du site, mais sa fonction précise fait débat. L’Unesco la considère comme un élément de l’architecture monumentale de l’habitat et un indice de la transition vers une vie sédentaire. Il faut se méfier des explications catégoriques qui vont au-delà des preuves. La tour, les murs et le fossé peuvent être étudiés comme un ensemble construit ; leur rapport au pouvoir, à la défense, au rituel ou à la vie communautaire exige une interprétation. L’intérêt du site tient aussi à la possibilité de poser des questions rigoureuses sans imposer une réponse spectaculaire unique.

Des découvertes comme des crânes traités après la mort et des statues enterrées renseignent sur les pratiques sociales et rituelles des communautés néolithiques. Ces objets intriguent, mais ne livrent pas à eux seuls un récit complet des croyances ou des cérémonies. Leur contexte et leur traitement comptent ; une interprétation responsable évite d’en faire des curiosités sensationnelles. La valeur archéologique vient de l’étude conjointe de l’architecture, des dépôts et des objets. Le visiteur peut admirer l’ingéniosité des premières communautés tout en reconnaissant que leur langue, leurs institutions et le sens de leurs pratiques échappent en partie aux preuves conservées.

Archéologie, mémoire biblique et limites des preuves

Le récit biblique bien connu des murailles de Jéricho relève d’une tradition textuelle et religieuse. Les structures de Tell es-Sultan sont des preuves archéologiques de murs, de tours et d’habitats successifs, mais ce seul constat ne permet pas de les identifier à un épisode précis des Écritures. L’Unesco décrit le site à travers sa longue occupation, l’organisation collective du Néolithique et l’urbanisme de l’âge du Bronze. Une visite mesurée peut reconnaître l’importance de la mémoire religieuse tout en la distinguant des conclusions étayées par les fouilles. Ce n’est pas la nier : c’est établir un récit plus exact.

Tell es-Sultan occupe aussi une place importante dans l’histoire de l’archéologie du Levant. Ses couches ont permis d’étudier pendant des millénaires les évolutions de la construction, de l’habitat et de l’organisation sociale. L’Unesco précise qu’aucune reconstruction n’a été effectuée et que le bien reste à son emplacement historique ; les vestiges visibles ne représentent qu’une partie du dossier archéologique. En observant le terrain, on comprend pourquoi fouille et conservation exigent de la prudence : chaque mur exposé appartient à une séquence plus vaste et peut être endommagé si l’on traite le lieu comme une ruine en accès libre.

En 2023, l’Unesco a reconnu le bien selon des critères liés au passage des groupes mobiles de chasseurs-cueilleurs aux communautés sédentaires et à l’émergence de cultures urbaines précoces. L’inscription n’est ni un classement simple par ancienneté ni l’affirmation que Jéricho aurait été la première ville selon toutes les définitions. Elle met en valeur les preuves qui donnent au site une portée internationale : une longue séquence d’occupation, des éléments monumentaux néolithiques et des vestiges urbains de l’âge du Bronze. Cette lecture est plus utile qu’un superlatif répété. L’archéologie impressionne sans avoir besoin d’une étiquette « la plus ancienne » qui gomme les nuances.

Renseignements pratiques et visite attentive

La page en arabe du ministère palestinien du Tourisme et des Antiquités indique que Tell es-Sultan se trouve en face du téléphérique de Jéricho, avec des horaires de 8 h à 15 h et une fermeture hebdomadaire le vendredi et le samedi. Elle publie le numéro 02-2324815. Aucun prix d’entrée n’y est précisé. Les conditions d’ouverture et d’accès pouvant évoluer, notamment dans une région où la situation peut changer, confirmez directement auprès du ministère ou de l’administration du site avant le départ, puis le jour même. Ne tenez pas pour actuel un horaire ancien repris par un site touristique.

Prévoyez du temps pour observer le tell et Ain es-Sultan, au lieu de faire un simple arrêt photo. La superficie du bien de l’Unesco est réduite, mais sa portée chronologique est dense : on se trouve devant la surface de nombreuses couches, non devant le plan d’une ville unique restée intacte. Restez sur les chemins désignés, n’entrez pas dans les secteurs fouillés, ne grimpez pas sur les structures exposées et ne ramassez ni pierres ni objets. Dans le climat de la vallée de Jéricho, eau potable et protection solaire sont de bon sens ; vérifiez les conditions et l’itinéraire avant de partir.

Jéricho offre d’autres lieux de visite, et le musée virtuel du ministère peut fournir un contexte avant l’arrivée. Toutefois, Tell es-Sultan mérite d’être compris pour lui-même : un tell près d’une source, une longue histoire d’habitat et des preuves archéologiques qui compliquent les récits simples sur les origines urbaines. Son importance tient à la manière dont une ressource en eau a soutenu des communautés successives et aux structures qui révèlent l’évolution de la vie sociale. Venez avec le temps de regarder lentement, distinguez les faits des traditions et repartez en comprenant mieux l’importance de ce petit site pour l’histoire de l’habitat humain.