Le théâtre antique d’Épidaure est souvent présenté comme une destination autonome, alors qu’il faisait à l’origine partie d’un vaste lieu de guérison. Il appartient au sanctuaire d’Asclépios, en Argolide, un paysage sacré où se côtoyaient culte, soins, sport et spectacles. L’UNESCO date le théâtre et les principaux monuments du sanctuaire du IVe siècle av. J.-C. ; le bien a été inscrit au patrimoine mondial en 1988. Le théâtre constitue une partie de cet ensemble, et non une inscription distincte. Ce contexte change la visite : les rangées de sièges en pierre ne forment pas un monument isolé, mais un élément d’un complexe fréquenté par des personnes en quête de soins et d’aide religieuse. L’acoustique réputée et l’équilibre des formes attirent l’attention, mais le sanctuaire explique pourquoi musique et théâtre comptaient ici. Découvrir également les vestiges environnants donne une histoire plus complète que la seule observation de l’auditorium.
Hellenic Heritage situe les pratiques religieuses de la région à l’époque mycénienne, lorsqu’une déesse associée à la guérison y était vénérée. Vers 800 av. J.-C., un premier sanctuaire fut consacré à Apollon Maleatas ; le culte d’Asclépios, dieu guérisseur, s’établit au VIe siècle av. J.-C. Sources thermales, climat doux et cadre paisible contribuèrent à faire du lieu un centre thérapeutique majeur du monde grec et romain. Il ne s’agissait pas seulement de médecine ancienne : la guérison associait rituels, croyances, repos et vie collective. Le théâtre faisait partie de cette expérience et accueillait musique, chant et concours dramatiques pendant les fêtes consacrées à Asclépios.