À première vue, le Cais do Valongo ressemble à une place pavée à ciel ouvert dans l’ancien quartier portuaire de Rio de Janeiro. Son importance se trouve sous cette apparence simple. Le site archéologique occupe la Praça Jornal do Comércio, où un quai de pierre fut construit à partir de 1811 pour recevoir les Africains réduits en esclavage et transportés par bateau jusqu’au Brésil. Les vestiges ne sont pas une reconstitution destinée aux visiteurs : ils sont la matière même d’un véritable quai de débarquement, conservée dans le sol puis mise au jour lors des fouilles. Il faut regarder les pierres tout en reconnaissant l’histoire humaine qu’elles portent.
L’UNESCO décrit plusieurs couches archéologiques sur le site. Le pavage le plus profond, réalisé dans le style irrégulier dit « pé de moleque », est attribué au quai original du Valongo. Les couches supérieures se rapportent au Cais da Imperatriz, ou quai de l’Impératrice, construit par-dessus en 1843. Cette succession se lit clairement : une infrastructure portuaire en a recouvert une autre, témoignant à la fois de la transformation du front de mer et de l’évolution de la mémoire publique. Les vestiges dégagés comprennent des pierres de tailles variées, une rampe et des marches liées à l’ancienne relation du quai avec le rivage.