Au-dessus des maisons blanches de Chora, le monastère de Saint-Jean-le-Théologien évoque moins une église ordinaire qu’une forteresse de pierre. Ses tours et ses créneaux dominent la crête de Patmos, tandis que le bourg semble se rassembler à ses pieds. Le moine Christodoulos fonda le monastère en 1088 avec le soutien de l’empereur byzantin Alexis Ier Comnène. Depuis, le lieu est à la fois un espace de prière et un centre d’apprentissage orthodoxe. Son histoire est indissociable de la grotte de l’Apocalypse, sur le versant inférieur, et de la ville ancienne qui s’est développée autour de l’enceinte fortifiée. Ensemble, ces lieux forment un paysage culturel inscrit par l’Unesco, où vie religieuse, architecture et histoire insulaire restent liées.
La situation de Patmos dans le Dodécanèse l’intégrait aux projets byzantins en mer Égée. L’Unesco rattache la fondation du monastère à la politique d’Alexis Ier visant à peupler les îles et à établir une base dans la région. Christodoulos créa la communauté en 1088 et la consacra au « disciple bien-aimé », saint Jean. Pendant plus de neuf siècles, le complexe s’est transformé au gré des changements politiques et économiques tout en conservant sa place de principal centre religieux de l’île. Son emplacement dominant n’est pas fortuit : la communauté monastique a contribué à organiser la vie locale, et Chora s’est développée autour de cette colline fortifiée.