Tulum est souvent réduit à une image: un bâtiment de pierre au-dessus d'une mer bleue. La cité archéologique de la côte caraïbe du Mexique mérite qu'on la regarde plus lentement. Son mur entoure l'établissement principal au nord, au sud et à l'ouest; la mer forme sa limite orientale. L'Institut national d'anthropologie et d'histoire du Mexique, l'INAH, recense cinq passages dans le mur et deux tours de surveillance. C'était un lieu côtier organisé, aux approches contrôlées et ouvert sur l'eau, et non un temple isolé construit pour la plage moderne en contrebas.
Le nom conserve une autre mémoire. L'INAH indique que des sources du XVIe siècle appelaient le site Zamá, «matin» ou «aube» en maya, tandis que le nom plus récent de Tulum évoque un mur ou une palissade. Cette différence est utile: la ville touristique, le parc national et la cité préhispanique fortifiée portent aujourd'hui le même nom, sans être le même lieu ni relever de la même institution. Il s'agit ici de la zone archéologique, dont l'histoire se lit dans les édifices, les peintures, la position face à la mer et les indices d'échanges.