L’image la plus célèbre de Labná est une arche, mais ce n’est pas une porte triomphale à la limite d’un royaume disparu. Dans les collines Puuc du Yucatán mexicain, ce passage orné reliait des espaces au sein d’une cité maya. L’Institut national d’anthropologie et d’histoire, l’INAH, le décrit comme une ouverture voûtée menant à un petit quadrilatère près d’El Mirador. La pierre sculptée mérite un regard plus lent qu’une photographie rapide. Elle organisait les déplacements, encadrait une perspective et donnait à un lieu public un visage reconnaissable.
L’arche appartient à une zone archéologique compacte dont les bâtiments sont reliés par un sacbé, chaussée construite par les Mayas. Le plan officiel situe le Palais à deux niveaux, l’arche, El Mirador et le Temple des Colonnes. Les distances sur la carte sont modestes, mais les fonctions des lieux ne se résument pas à cette échelle. Parcourir l’ensemble, c’est passer d’une résidence d’élite à une architecture cérémonielle et à d’autres espaces d’une ville habitée. Le mot « ruines » peut figer cet ensemble ; le tracé rappelle que les habitants devaient y circuler.